Analyse de la revue systématique de McArthur sur la suicidalité
- Magali Pignard
- il y a 3 jours
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Analyse de la revue systématique de McArthur et al., Suicidality and Nonsuicidal Self-Injury in Transgender and Gender Diverse Youth - A Systematic Review and Meta-Analysis, JAMA Pediatrics, 22 décembre 2025

La revue en bref
137 études incluses, évaluées par une échelle à 6 items (disponible dans l'annexe de la revue), adaptée de l'outil d'évaluation du NIH pour les études de cohortes et transversales.
Résultat principal
Sur 262 échantillons portant sur 131 429 jeunes TGD (transgenres et de genre divers, jusqu'à 25 ans), la prévalence globale des idées suicidaires était de 48,8 %, celle des tentatives de suicide de 26,2 % et celle des automutilations non suicidaires (NSSI) de 46,6 %.
Autres résultats/éléments rapportés :
La plupart des échantillons proviennent d'Amérique du Nord (64,5 %) et Europe (20,6 %).
La mesure du risque suicidaire reposait principalement sur des enquêtes (77,5 %), un nombre plus restreint d’études ayant utilisé l’analyse des dossiers médicaux (12,0 %) ou des entretiens (10,6 %).
Taux de prévalence plus élevés pour les évaluations par questionnaire que pour les entretiens, pour tous les résultats évalués.
Proportion plus élevée de jeunes transféminins (hommes natals) rapportant des niveaux plus faibles d’idéation suicidaire et d’automutilation non suicidaire.
Les études de meilleure qualité rapportent une prévalence plus élevée concernant l'idéation suicidaires.
Tendances sociétales plus larges (augmentation troubles mentaux + comportements suicidaires dans la population générale) peuvant également jouer un rôle, avec hausse notable durant la pandémie de COVID-19.
Écarts restant importants entre jeunes non homos et leurs pairs hétérosexuels (en termes de suicides et NSSI) .
Commentaire
Cette revue rapporte que les jeunes qui s'identifient trans et de genre divers présentent des taux très élevés de suicidalité et d’automutilation, ce qui est un constat préoccupant. En revanche, l’interprétation proposée repose sur des données majoritairement transversales, et sur une échelle d’évaluation de la qualité essentiellement descriptive, qui ne permet pas d’identifier plusieurs biais méthodologiques importants.
L'explication repose sur une hypothèse de stress minoritaire et d’hostilité sociopolitique, alors même que les différences observées entre régions et au fil du temps ne permettent pas de conclure à un effet des lois dites « anti-trans ». De plus, d’autres facteurs possibles, pourtant bien connus pour influencer le risque suicidaire chez ces adolescents et jeunes adultes, ne sont pas examinés comme explications alternatives.
Dans le détail :
Les données ne confirment pas un effet des lois dites « anti-trans »
Note
Les graphiques et calculs présentés ici sont construits à partir des données de l’annexe supplémentaire de McArthur et al. Celles-ci ne fournissant pas directement certaines répartitions (par région, période ou méthode), un travail de regroupement et de classement des échantillons a été réalisé, à partir des informations disponibles, et est documenté dans ce tableau Excel en ligne, qui regroupe 6 feuilles de calcul.
Les auteurs rapportent que le taux des tentatives de suicide augmente dans le temps, et qu'ils sont est plus élevés dans les échantillons nord-américains que dans ceux provenant d’Europe ou d’Asie ; puis ils structurent leur discussion en attribuant cet écart régional à un climat perçu comme plus hostile, marqué par la montée des législations dites « anti-transgenres ».
Le tableau 2 de la revue montre bien une association statistique globale entre l’année de collecte des données et les taux estimés de tentatives de suicide, ainsi qu’un niveau moyen significativement plus élevé en Amérique du Nord (0,290) qu’en Europe (0,221).
Mais lorsque ces taux sont représentés en fonction des années de collecte des données, on constate que les valeurs nord-américaines sont plus élevées que les valeurs européennes sur l’ensemble de la période couverte par les études, et non uniquement dans la période récente. L’évolution temporelle apparaît par ailleurs similaire dans les deux régions. L’écart observé semble donc antérieur aux législations récentes et ne peut probablement pas leur être attribué spécifiquement.

Ces graphes sont par ailleurs largement dominés par une forte dispersion des valeurs : les R² faibles indiquent que l’année de collecte a un pouvoir explicatif limité sur les taux observés.
Si l’on attribue l’augmentation des taux de tentatives de suicide à la montée de la législation dite « anti-trans » aux US (dont les premiers projets de loi apparaissent à partir de 2018); on devrait observer une cassure dans l’évolution des taux avant et après cette date. Or, lorsque l’on reporte les taux de tentatives de suicide observés aux US avant et après 2018, aucune cassure temporelle ni modification de tendance n’est mise en évidence ; après 2018, la relation entre l’année et le taux observé est inexistante (R² = 0).

Par ailleurs, la 1re loi restreignant la transition médicale des mineurs n’a été adoptée qu’en 2021 (Arkansas). La méta-analyse ne repose que sur six échantillons américains après 2021, dont quatre collectés la même année (2021). Compte tenu de ce très faible nombre d’observations, il n’était de toute façon pas possible de tester empiriquement l’hypothèse d’un effet des législations dites « anti-trans ». Cette limitation aurait dû être explicitement reconnue et conduire à une interprétation beaucoup plus prudente, plutôt que de structurer la discussion autour d’une hypothèse non testable.
Lee et al. examinent le lien entre l’adoption de 48 lois américaines qualifiées d’« anti-transgenres » entre 2018 et 2022, et les tentatives de suicide déclarées chez des jeunes se déclarant transgenres ou non binaires (TGNB), âgés de 13 à 24 ans. Cette étude repose sur des enquêtes en ligne auto-rapportées, issues d’un échantillon de convenance recruté sur les réseaux sociaux, qui n’est donc pas représentatif de cette population. La plupart des lois incluses (41/48) concernent des questions de participation sportive, d’accès aux toilettes ou d’activités scolaires, et non l’accès aux soins médicaux, alors même que les effets annoncés sont présentés comme mettant en jeu la survie des jeunes concernés. Les estimations les plus élevées s’appuient sur des effectifs très faibles dans certains États et sur une période d’observation très courte, la majorité des lois ayant été adoptées après 2021. L’étude ne montre pas d’augmentation cohérente de l’idéation suicidaire. Or, si les lois étudiées provoquaient directement une hausse du risque suicidaire, on devrait observer un signal clair sur l’idéation avant ou en même temps que l’augmentation des tentatives (voir notamment la critique par Paul Steger de cette étude) .
Dhanani et al. montrent des associations psychologiques plausibles entre exposition médiatique, perception de soutien à la législation et détresse émotionnelle, dans un petit échantillon transversal. Mais ils ne mesurent pas les tentatives de suicide, et ils n’analysent pas non plus l’effet de lois adoptées sur des comportements suicidaires observés.
Les études nord américaines utilisent d’avantage les questionnaires par rapport aux études européennes, induisant ainsi une confusion
En plus de rapporter un taux de tentatives de suicide (TS) significativement plus élevé en Amérique du Nord qu’en Europe (6,9 points de différence), le tableau 2 de la revue rapporte également que les taux de TS sont significativement plus élevés lorsque la méthode utilisée repose sur un questionnaire, par rapport à une revue de dossiers médicaux ou à un entretien.
Or, l’examen des caractéristiques des échantillons inclus dans la méta-analyse (eTable 3 dans le supplément) montre que les échantillons nord-américains ayant évalué les tentatives de suicide utilisent plus souvent des questionnaires, par rapport aux échantillons européens (voir la feuille 4 du tableau Excel mentionné au début).
La répartition selon le type d'évaluation est la suivante :
Parmi les 64 échantillons nord-américains :
55 (environ 85,9 %) utilisent des questionnaires,
4 (environ 6,25 %) utilisent des revues de dossiers médicaux,
5 (environ 7,81%) utilisent des entretiens.
Parmi les 21 échantillons européens :
13 (environ 61,9 %) utilisent des questionnaires,
3 (environ 14,3 %) utilisent des revues de dossiers médicaux,
5 (environ 23,8 %) utilisent des entretiens.
Dans ce contexte, on peut se demander quelle part de la différence des taux entre l’Amérique du Nord et l’Europe peut s'expliquer uniquement par cette différence de méthodes de mesure, et non par une différence réelle de risque.
Essayons alors de répondre à la question suivante : si les taux de tentatives de suicide étaient identiques dans les deux régions pour chaque méthode de mesure, quelle différence globale résulterait uniquement du fait que ces méthodes ne sont pas utilisées dans les mêmes proportions ?
Selon le tableau 2, les taux moyens de tentatives de suicide sont : 13,2 % pour les revues de dossiers médicaux, 23,1 % pour les entretiens et 28,5 % pour les questionnaires.
En appliquant ces mêmes taux aux deux régions, pondérés par la répartition régionale des méthodes de mesures mentionnée plus haut, on obtient un taux attendu de 27,1 % en Amérique du Nord (13,2 × 0,0625 + 23,1 × 0,0781 + 28,5 × 0,859), et de 25,0 % en Europe. La différence résultante est donc de 2,1 points.
Autrement dit, si les taux étaient identiques pour chaque méthode, environ 2,1 points de l’écart observé entre les régions seraient compatibles avec une différence liée uniquement à la manière de mesurer les tentatives de suicide.
Rapporté à l’écart total de 6,9 points entre les deux régions (tableau 2 de la revue), cela représente environ 30 %, ce qui n’est pas négligeable, d’autant plus que d’autres facteurs de confusion peuvent également intervenir.
Par exemple, la proportion d’échantillons nord-américains récents (≥ 2015) est nettement plus élevée que celle des échantillons européens (voir figure ci-dessous, tirée des données du tableau Excel, feuille 2). Cette différence de répartition est source de confusion, car l’année de collecte n’est pas indépendante de la région : les données récentes, qui tendent à rapporter des taux plus élevés, proviennent majoritairement d’Amérique du Nord, ce qui empêche de distinguer un effet du temps d’un effet géographique.

Note. L'estimation de 30 % calulcée ci-dessus repose sur une standardisation descriptive à partir de données agrégées. Elle vise uniquement à illustrer l’ordre de grandeur de la confusion potentielle liée à la méthode de mesure.
L'échelle d'évaluation de la qualité des études est essentiellement descriptive
Concernant l'idéation suicidaire, les auteurs mentionnent que « les études de meilleure qualité rapportent une prévalence plus élevée, possiblement en raison d’une méthodologie plus rigoureuse ». Le problème est que l'échelle utilisée par McArthur et al. ne permet pas vraiment d'identifier les principales limites des études incluses :
Pour évaluer la qualité des études, McArthur et al. ont utilisé une version très simplifiée de l’échelle NIH originale, réduite à six items (eTable 2, annexe supplémentaire).

On peut comprendre cette simplification, car l’outil NIH complet est surtout conçu pour des études longitudinales ou causales. Mais cette réduction a un effet important : l’évaluation ne porte plus vraiment sur les principaux biais méthodologiques :
Le caractère transversal des données, pourtant central pour l’interprétation des associations observées, disparaît de l’évaluation du risque de biais.
L'item 5 concernant l'évaluation de l'idéation suicidaire/TS/automutilation, ne porte ni sur la validité de la mesure, ni sur le mode de recueil (auto-questionnaire vs entretien par exemple), ni sur le risque de biais de déclaration.
Par exemple, beaucoup d'études (par questionnaire) mesurent l'idéation suicidaire par une seule question : « avez-vous déjà sérieusement envisagé de faire une tentative de suicide au cours des 12 derniers mois ? », avec une réponse Oui/Non.
Cette question distingue clairement idéation (et non tentative), et elle précise un cadre temporel (« au cours des 12 derniers mois »), ce qui suffit à lui attribuer un score maximal pour cet item. L'échelle confond donc clarté descriptive et qualité méthodologique.
L'item 2 sur la représentativité de l'échantillon vérifie uniquement si l’étude présente son échantillon comme représentatif d’une population donnée, sans examiner les modalités de recrutement ni les mécanismes de participation. Il ne semble donc pas distinguer une étude fondée sur un échantillonnage probabiliste d’une enquête reposant sur l’auto-sélection, par exemple via les réseaux sociaux. Or, une enquête à participation volontaire peut produire des chiffres biaisés : les personnes en bonne santé ou peu concernées peuvent avoir peu de motivation à répondre, parce qu’elles ne se sentent pas concernées par le sujet, alors que des personnes en difficulté ou ayant une expérience marquante peuvent être plus incitées à participer, pour témoigner ou parce que le thème les touche directement.
Ainsi, lorsqu'on fait une recherche des 11 études évaluant l'idéation suicidaire et ayant obtenu un score de qualité 6/6 (voir la feuille 5 du tableau Excel que j'ai créé à partir de l'annexe), on s'aperçoit que quatre reposent sur des échantillons non probabilistes, recrutés par auto-sélection (références des études :3, 30, 93, 113 dans l'annexe). Pour évaluer l'idéation suicidaire, presque toutes ont utilisé un item unique auto-rapporté, comme celui mentionné ci-dessus, adapté à la surveillance populationnelle, mais non validé pour une évaluation clinique du risque suicidaire. (Note : je n'ai pas réussi à lire l'étude Y. Xu et al., 2024, ref. 134, je n'ai pu lire que l'abstract, qui ne donne pas d'informations).
De même, parmi les 12 études nord-américaines évaluant les tentatives de suicide (feuille 6 du tableau Excel précédent), et ayant obtenu un score le plus haut en qualité (6/6) : la moitié reposent sur des échantillons non probabilistes, recrutés par auto-sélection (références des études : 3, 29, 30, 92, 93, 113). Malgré cela, elles sont toutes notées « oui » sur l'item de représentativité.

Autrement dit, une étude peut obtenir la note maximale même si elle repose sur des données transversales, des questionnaires auto-rapportés et des échantillons auto-sélectionnés.
De plus, un critère absent de l’outil NIH original a été ajouté (item 6) : le fait que l’étude soit publiée dans une revue à comité de lecture, ce qui compte pour un point à part entière, alors que la publication ne garantit pas une bonne méthodologie.
Au final, avec cette échelle, des études pouvant présenter des biais importants peuvent malgré tout obtenir la note maximale de « qualité » : ces scores doivent donc être pris avec la plus grande prudence.
L'interprétation est centrée sur le stress minoritaire, sans mise en concurrence avec d’autres facteurs
Les auteurs affirment que les taux élevés de suicidalité et de NSSI chez les jeunes TGD seraient « probablement liés » à des « facteurs de stress spécifiques comme harcèlement scolaire, l’accès limité aux soins d'affirmation de genre et la stigmatisation intériorisée ». Aucun autre type de facteur n’est examiné comme hypothèse explicative alternative.
Rappelons qu'il s’agit d’une hypothèse interprétative, et non un résultat démontré : les auteurs mentionnent bien que ces facteurs n’ont pas été étudiés dans la méta-analyse. Celle-ci ne fournit par ailleurs aucun élément permettant d’exclure d’autres hypothèses, pourtant compatibles avec les limites méthodologiques reconnues des données inclues dans la méta analyse, essentiellement transversales ne permettant pas d’établir une relation causale. Pour appuyer leur hypothèse, les auteurs citent deux autres revues systématiques (Vigny-Pau et al., 2021 ; Pellicane et al., 2022) qui, face aux mêmes limites méthodologiques des études, font la même interprétation qu’eux, en excluant toute autre interprétation. Ces deux références ne peuvent donc pas confirmer l’interprétation de McArthur et al. Elles prolongent une hypothèse interprétative déjà présente dans la littérature, sans la tester à l’aide de données et d’analyses adaptées.
Ainsi, McArthur et al. n'examinent pas la possibilité que des troubles de santé mentale ou troubles neurodéveloppementaux, très fréquents chez ces individus (Taylor 2024), et bien connus pour être associés à une suicidalité élevée, soient des facteurs susceptibles d'influencer la suicidalité de manière indépendante.
Par ailleurs, ils rappellent à juste titre que les minorités sexuelles présentent des taux élevés d’automutilation et de suicide. Or, les personnes non hétérosexuelles sont surreprésentées parmi les jeunes s'identifiant TGD (ex : USTS 2015). Il est donc possible qu’une partie des taux élevés de suicidalité observés reflète, au moins en partie, leur appartenance à une minorité sexuelle, indépendamment de l’identité de genre. Cette possibilité n’est pas évaluée dans la méta-analyse.
Les auteurs reconnaissent une augmentation générale des troubles de santé mentale chez les adolescents. Cependant, cet élément reste secondaire dans leur interprétation et n’est jamais réellement mis en balance avec l’hypothèse du stress minoritaire, qui demeure l’explication privilégiée.
Dans la population générale, les comportements suicidaires et l’automutilation sont compris comme le résultat de plusieurs facteurs qui se combinent, difficultés relationnelles, expériences de harcèlement (dont sont également victimes des jeunes ne s'identifiant pas trans) ou de cyberharcèlement, problèmes de sommeil, tensions scolaires, exposition à des sources de stress social ou environnemental, ou encore certains usages problématiques des réseaux sociaux (Nesi et al., 2021 ; Richardson et al. 2024). Il est donc surprenant que dès lors que le jeune se déclare transgenre, ces facteurs disparaissent de l’analyse, au profit d'une explication centrée exclusivement sur le stress minoritaire lié à l’identité de genre. Or, rien n’indique que les facteurs affectant la santé mentale des adolescents en général cesseraient d’agir chez ces jeunes.
Les données disponibles ne permettent pas de conclure à un effet protecteur de la transition médicale sur la suicidalité
Les auteurs ne présentent pas les interventions endocriniennes et chirurgicales comme permettant de prévenir le suicide, mais ils suggèrent que l’accès limité à ces interventions pourrait contribuer aux taux élevés d'automutilation et de comportements suicidaires.
Un commentaire de J. Cohn publié le 28 décembre 2025 sous la revue systématique de McArthur et al. rappelle que la transition médicale ne peut être considérée comme une stratégie de prévention du suicide, en s’appuyant notamment sur une vaste étude de registre finlandaise (Ruuskä et al., 2024) qui conclut que la réassignation sexuelle en elle-même ne prédit pas la mortalité par suicide et que les principaux facteurs associés au risque de suicide sont les comorbidités psychiatriques.
Par ailleurs, une revue systématique des interventions visant à réduire le risque de suicide chez ces jeunes (Christensen et al., 2025) conclut que « Il n’est cependant encore largement pas prouvé quel est l’effet de telles interventions sur les taux d’idées suicidaires, de tentatives de suicide, et encore moins sur le suicide complété, chez les jeunes transgenres et de genre divers (...) Dans les études incluses, la qualité globale des preuves est faible, et le risque de biais est élevé. »
Le Cass Review (2024) rapporte que beaucoup de professionnels agissent avec la peur qu’un retard ou une absence de traitement puisse aggraver le risque suicidaire. Mais le rapport rappelle clairement que cette peur n’est pas étayée par les données disponibles sur l’hormonothérapie. Cass met également en évidence que la détresse des jeunes est souvent aggravée par les délais d’attente et par le manque d’accompagnement pour soulager cette détresse, plutôt que par l’absence d’un traitement médical dont l’effet protecteur sur le suicide n’a pas été démontré. (Cass Review, 2024, §15.36).
Cette position est cohérente avec la revue systématique de l’Endocrine Society, qui conclut qu’ils ne pouvaient pas tirer des conclusions sur l’effet de l’hormonothérapie sur la mortalité par suicide (Baker et al., 2021).




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